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Dailymotion en appelle aux abonnés de Neuf Cegetel pour régler un conflit
- Par Rédaction Bladi DZ
- Publié 14/08/2007
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Il n'empêche, la méthode employée par la start-up française est plutôt inhabituelle. Les acteurs de l'Internet hexagonal prennent rarement les internautes à témoin pour régler leurs conflits. C'est que, derrière cette bataille de communication, il y a une affaire de gros sous.
Pour garantir un accès de bonne qualité à son service de vidéos (très gourmand en bande passante), Dailymotion est amené à passer des accords d'interconnexion, ou peering. C'est le cas avec Neuf Cegetel qui s'engage ainsi à fournir un accès performant à ses abonnés. Cette prestation est généralement payante.
Les FAI ne veulent plus être les seuls à payer
Apparemment, les deux partenaires étaient en désaccord sur la facturation de ce peering, dont le contrat était en renégociation. C'est ce conflit qui serait à l'origine de la dégradation de performances subie par les clients de Neuf Cegetel en fin de semaine dernière. Faute d'un accord avec le FAI, Dailymotion a dû recourir à des prestataires spécialisés, les transitaires ou CDN (Content Delivery Network), grossistes en bande passante. Une solution efficace mais qui a un coût plus élevé.
Aujourd'hui, Dailymotion et Neuf Cegetel restent discrets sur le renouvellement de leur accord de peering. Mais leur conflit met en lumière un problème qui risque de revenir sur le tapis : celui du financement des infrastructures réseau. Le problème est d'autant plus crucial que les internautes sont de plus en plus friands de services très gourmands en bande passante, comme la vidéo à la demande. Pour satisfaire leurs abonnés, les opérateurs télécoms investissent massivement dans leurs réseaux. Et régulièrement, la question se pose de savoir qui va payer.
Pour les FAI, ce sont aux sites nécessitant de gros débits de régler la facture pour être assurés d'une bonne connexion. C'est d'ailleurs ce qu'ils font souvent :YouTube et Yahoo!, par exemple, achètent très cher les services de sociétés transitaires, comme Akamai ou Limelight. Pour les sites qui n'en ont pas les moyens, le risque demain est d'avoir un Internet à deux vitesses.
Avec le déploiement annoncé dans les mois à venir d'Internet par la fibre optique, la question risque de ressurgir. Elle avait déjà fait l'objet d'une polémique en 2006 aux Etats-Unis, puis en Europe et même en France par la voix du président de l'Arcep. Outre-Manche, les fournisseurs d'accès à Internet sont eux-aussi montés au créneau. Ils menacent la BBC de brider l'accès au site de TV à la demande(catch up TV) que le groupe audiovisuel vient tout juste de lancer.
Karine Solovieff, 01net