Des chercheurs américains ont identifié un gène dont les variations permettent de prévoir les premières réactions des patients à l'anticoagulant warfarine, réduisant ainsi les risques d'un mauvais dosage pour des millions de patients dans le monde, selon une étude publiée mercredi.

Cette découverte devrait aider les médecins à déterminer rapidement le dosage optimal de ce traitement largement utilisé en testant les variations du gène VKORC1, selon des chercheurs de l'université Vanderbilt (Tennessee, sud), dont les travaux paraissent dans le New England Journal of Medicine daté du 6 mars.

Ce gène permet ainsi de prédire précisément les sujets sensibles à l'anticoagulant.

La FDA, l'agence américaine des médicaments, recommande depuis un an aux médecins de commencer le traitement avec des doses plus faibles chez des personnes ayant certaines variations des gènes CYP2C9 et VKORC1.

Le dosage de la warfarine est particulièrement délicat, les premières réactions étant très variables selon les malades, relèvent ces médecins. Un dosage excessif peut entraîner des hémorragies. S'il est trop faible, des caillots peuvent se former.

Le Dr Ute Schwarz de la faculté de médecine de l'Université Vanderbilt, principal auteur de ces travaux, a analysé l'ADN de près de 300 malades qui venaient de prendre de la warfarine, commercialisée sous le nom de Coumadine par le laboratoire Bristol-Myers Squibb.

Quelque deux millions de personnes aux Etats-Unis prennent cet anticoagulant.

La Coumadine est utilisée comme traitement préventif et curatif des thromboses, des caillots sanguins se formant dans les vaisseaux après une attaque cardiaque, cérébrale ou à la suite d'une importante intervention chirurgicale.

Cette recherche a été financée par l'Institut national américain du coeur, des poumons et du sang (NHLBI) qui fait partie des Instituts nationaux de la santé (NIH).