Ali Yahia Abdennour et Saïd Sadi ont donné ce wee-end un coup d’envoi remarqué à la commémoration du Printemps berbère.

Le président d’honneur de la Ligue pour la défense des droits de l’homme, Ali Yahia Abdennour, a animé une conférence en la petite salle de la maison de la culture Mouloud- Mammeri, à Tizi-Ouzou, appelant à « reprendre l’offensive » contre cette politique décadente du pouvoir ». Il estime que « les mouvements de colère qui secouent un peu partout le pays en ce moment sont dus à ce manque de respect que le pouvoir a, à l’égard des Algériens. » Il n’a pas été de mainmorte avec le pouvoir de Bouteflika : « Ce n’est pas avec Bouteflika au pouvoir que le combat pour l’identité aboutira », dira-t-il, évoquant les fameuses phrases «De loin je vous voyais des géants, mais d’ici vous êtes finalement des nains» ou encore «je vais crever votre ballon de baudruche» prononcées à Béjaïa puis à Tizi-Ouzou par le président de la République. Ali Yahia Abdennour, fut aussi prolixe quand il s’est agi de livrer le fond de sa pensée sur l’actualité et les échéances qui s’annoncent avec la prochaine révision constitutionnelle et l’élection présidentielle qui suivra. Là, le vieux militant des droits de l’homme ne se privera pas d’écorcher à l’envie, le pouvoir qui, juge-t-il, n’a pas fini de prendre le peuple non pas pour des citoyens mais des sujets auxquels on propose des référendums destinés à plébisciter les présidents en guise d’élection présidentielle telle celle qui s’annonce.

Même démarche pour Saïd Saadi, président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, RCD, qui a rencontré, hier, les militants et sympathisants de son parti à la maison de la culture de Bejaia. Il a rappelé que « les valeurs d’Avril 1980 ont été le crédo et base de la construction démocratique en Algérie ». Sadi a fait un réquisitoire sur l’actuelle politique du pouvoir. « Pourquoi donc le président de la République aspire-t-il à un troisième mandat alors que son bilan n’a été marqué que par l’augmentation du nombre de Haragas, qui ont préféré se noyer en mer plutôt que de faire face à la torture du pouvoir », s’est-il interrogé ?

A ce propos, il a indiqué que le nombre de mandats doit être limité selon les règles de la démocratie. Le président du RCD a affirmé que la situation politique en Algérie est plus dégradée qu’elle ne l’était à l’ère du parti unique. Alors que 11 pays de l’Afrique noire ont adopté le régime démocratique, le pouvoir algérien bafoue les libertés et mène une stratégie de marginalisation des Amazighs. Il a affirmé qu’il est impossible de bâtir un Etat fort tout en niant l’Histoire.