Algérie : le projet de coopération Sonatrach - Gazprom a échoué
Le protocole d'accord signé en août 2006 entre le
groupe russe Gazprom et Sonatrach, qui avait affolé les Européens,
s'est terminé au mois d'août 2007 et n'a débouché sur aucun projet
concret, a affirmé à l'AFP lundi Mohamed Meziane, PDG de la société
nationale des hydrocarbures. «L'accord a expiré au mois d'août 2007», a
dit M. Meziane en marge du Forum international de l'Energie, qui réunit
pays producteurs et consommateurs d'hydrocarbures à Rome durant trois
jours et se termine mardi.
Ce protocole entre deux des principaux fournisseurs de gaz européens prévoyait une coopération algéro-russe dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers. Il avait affolé les pays européens, inquiets pour la sécurité de leur approvisionnement, d'une éventuelle entente sur les prix et de la création d'un éventuel cartel du gaz sur le modèle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.
"Nous étions intéressés par l'amont (l'exploration, ndlr) en Russie et eux par la même chose. Nous étions aussi intéressés par un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) au nord de la Russie, qui n'a pas été réalisé", a détaillé le PDG de Sonatrach, ajoutant que le protocole d'accord n'avait "pas donné lieu" à des projets concrets. Il a toutefois précisé que Russes et Algériens continuaient à collaborer indépendamment de cet accord. "Les sociétés russes participent aux appels d'offre que nous lançons sur le projet de gazoduc Transalia, qui relie le Nigéria à l'Algérie pour l'approvisionnement européen et acheminera 20 à 30 milliards de mètres cubes par an".
Ce projet de gazoduc de 4.000 kilomètres a "besoin de financements importants portant sur 10 milliards de dollars", a-t-il souligné, ajoutant qu'il en était "au stade des études de législation et de recherche de financements".