Les viols et les enlèvements sont-ils en passe de devenir une pratique criminelle courante en Algérie ? L’on serait malheureusement tenté de répondre par l’affirmative, compte tenu du nombre effarant de ce genre d’affaires criminelles que les services de la Gendarmerie nationale ont eu à recenser en l’espace d’un mois, celui d’avril écoulé en l’occurrence. Il ressort en effet du bilan lié à la criminalité du droit commun que le Commandement de la Gendarmerie nationale a rendu public hier le traitement par les  brigadiers verts de  près d’une trentaine d’affaires de viols et autant d’enlèvements enregistrés le mois passé à travers le pays. Ce qui correspond à une moyenne d’un viol et/ou d’un kidnapping qui se produit quotidiennement à travers les différentes contrées algériennes. Une réalité dramatique en somme. Au mois d’avril écoulé, ces actes infâmes cités plus haut ont été l’œuvre de près de quelque 70 individus, tous mis hors d’état de nuire par les éléments de la Gendarmerie nationale. Plus d’une quarantaine d’entre eux ont été aussitôt placés derrière les barreaux juste après comparution devant la justice, apprend-on du même bilan mensuel de la Gendarmerie nationale. Celui-ci ne cite pas les régions ou même les wilayas où les affaires de viols et de kidnappings sont fréquentes.  Pour ce qui est des kidnappings, ce fléau qui prend de plus en plus l’allure d’une activité de réseaux criminels  ayant pour terrain de prédilection la Kabylie.  Cette région instable sur le plan sécuritaire constitue en effet la hantise de tout commerçant, entrepreneur, homme politique et investisseur en raison justement de la prolifération des actes de kidnapping où les victimes ne sont relâchées qu’après payement de rançons.   D’autre part, les éléments de la Gendarmerie nationale ont procédé à l’arrestation de quelque 6 500 personnes au  courant du mois passé dont près de 2 500 ont été emprisonnées. Plus d’un tiers de ces individus écroués sont membres des réseaux de différentes filiales de la criminalité organisée telles  que le trafic de carburant où plus de 111 000 litres ont été saisis en avril passé, ou bien le trafic de stupéfiants (près de 2,5 quintaux de kif saisis pendant le même mois). Autre chiffre révélateur de l’ampleur qu’a pris  la criminalité de droit commun en Algérie, celle relative aux  crimes et délits commis contre les personnes, autrement dit les agressions physiques. En  ce sens, la Gendarmerie nationale a eu à traiter près de 700 affaires du genre en l’espace d’un seul mois. Traitement qui s’est traduit par l’arrestation de 987 individus.  S’agissant de  l’immigration irrégulière, les gendarmes ont procédé le mois passé à l’arrestation de près de 560 étrangers de différentes nationalités africaines et asiatiques dont 403 ont été refoulés  dans leur pays d’origine.

Karim Aoudia