«Le Hezbollah doit cesser de semer le trouble», avertit la Maison-Blanche ; Le Conseil de sécurité proclame son soutien aux institutions légales.

Une plongée dans la violence et l’irrationnel... C’est aux pires images de la guerre, en l’occurrence celles des combats de rue à Beyrouth-Ouest à l’aide de mitraillettes, de grenades et d’obus de mortier, que les Libanais ont eu droit hier à partir de l’après-midi. Les miliciens cagoulés de l’opposition et de la majorité sont réapparus dans la capitale pour se tirer dessus dans des combats de proximité, sans trop se soucier des dégâts humains (au moins 7 morts civils) et matériels qu’ils ont pu occasionner.

Les combats ont doublé d’intensité après la conférence de presse de Hassan Nasrallah, qui a appelé le gouvernement à revenir sur ses décisions de démanteler le réseau de télécommunications et de démettre le chef de la sécurité de l’aéroport, Wafic Choucair. « À travers ces deux décisions, le gouvernement nous a déclaré la guerre », a lancé Nasrallah, estimant que seul un recul du gouvernement pouvait mettre fin à l’escalade. Il a estimé que les affrontements n’étaient pas de nature confessionnelle, mais politique, accusant « le gouvernement de Walid Joumblatt » d’être « à la solde des Américains ». Une thèse soutenue en soirée par Michel Aoun.

Le chef du Courant du futur, Saad Hariri, a répondu en soirée à Nasrallah, rejetant la version des faits proposée par ce dernier. Il a proposé au chef du Hezbollah une sortie de crise en remettant le contentieux sur les décisions du gouvernement au commandement de l’armée. Cette démarche serait suivie de la fin du siège de Beyrouth et de l’élection de Michel Sleimane à la présidence de la République. Le président élu organiserait aussitôt un dialogue national. Le site nowlebanon.com a toutefois indiqué en soirée que la proposition de Hariri a été rejetée par le Hezbollah. Dans les milieux du 14 Mars, on indiquait en soirée que la proposition de Hariri avait l’aval de la coalition et qu’elle ne constituait en aucune façon un recul de la part de la majorité dans la mesure où, dans tous les cas de figure, c’est l’armée qui doit appliquer les décisions du Conseil des ministres de lundi.

On apprenait, en outre, à l’heure d’aller sous presse que le ministre de la Défense a informé le commandement de l’armée que le Sérail et la route du port étaient des « lignes rouges ».

Notons enfin que le Conseil de sécurité a proclamé en soirée son soutien aux institutions légales, tandis que la Maison-Blanche appelait le Hezbollah à « cesser de semer le trouble » au Liban.

L'Orient-Le Jour