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Ali Dilem, 10 000 caricatures et 50 procès
- Par Rédaction Bladi DZ
- Publié 16/05/2008
- Débat et Opinion
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Noté:




Ghania Khelifi
Ali Dilem
est un homme très occupé. Après de longues tractations, il nous reçoit
début mars chez lui. Aucun dessin exposé, aucun prix ou trophée
visible dans son salon surplombant les hauteurs d'Alger. Pudeur ou bon
goût ? « J'ai eu au début la grosse tête, c'est fini maintenant ! »,
confesse-t-il. Pourtant le temps n'a pas eu raison de sa fougue de
titiller le pouvoir algérien. Mêlant arabe et français, s'aidant de ses
mains quand les mots manquent, le dessinateur tranche dans le vif,
comme il croque la réalité de son pays, par coups incisifs.
Il produit un dessin par jour pour le quotidien Liberté qui a parfois du mal à gérer l'impétueux caricaturiste. Dilem,
réputé pour son « sale caractère », se braque à la moindre tentative de
censure : il préfère subir les foudres des autorités que de retirer un
dessin. A son palmarès, une cinquantaine de procès en diffamation. Le
dernier en date est en appel ; six mois de prison ferme requis contre
lui pour une déclaration sur le président de la république dans journal
Le Matin en 2004. Ces procès, initiés par la présidence de la
république ou le ministère de la défense nationale, n'ont pas réussi à
dompter son crayon mais finissent par l'épuiser.
Presque chaque
semaine, il doit se présenter au tribunal et attendre de 8 heures du
matin ā 17 heures, avec toutes sortes de délinquants et de présumés
criminels, avant de passer devant le juge. Une perte de temps et
d'énergie insoutenable pour ce stakhanoviste qui comptabilise 10000
dessins en vingt ans de carrière.
« Je crois en la justice », dit Dilem,
« mais pas en la justice algérienne ». Désabusé, il l'est aussi ă
l'égard la presse de son pays. « Elle a le mérite d'exister, mais quand
on arrive dans un pays à lancer un journal comme on ouvre une boutique
de chaussures.... Il faut être raisonnable : les deux tiers de la
population ont moins de 18 ans. C'est une population qui, brisée par
quinze ans de violence et de sang, a d'autres chats à fouetter que de
s'émouvoir de notre sort, le mien ou celui de Chawki Amari (chroniqueur du journal El Watan
qui vient d'être condamné à six mois de prison ferme). Et puis ce que
nous racontons dans les journaux ne pèse pas grand-chose face à la
rumeur et même à la télévision », poursuit-il. Sans fausse modestie, ce
n'est pas le genre de Dilem, il se demande « qui
suis-je finalement sinon un dessinateur de mikiyates [NDLR : vocable
dérivé de Mickey désignant les bandes dessinées en dialecte].
Pourtant
ses « mikiyates » constituent l'un des rares espaces de libre
expression et traite de sujets loin d'être humoristiques. Dilem n'a pas
hésité à soutenir les caricaturistes danois auteurs des dessins jugés
blasphématoires sur la personne du prophète Mohamed.
« Non pas par provocation, comme l'ont fait certains relais de ces
caricatures, mais par conviction que la liberté d'expression doit être
défendue et préservée », explique-t-il.
Son combat, mot qu'il n'aime pas utiliser, Dilem le mène aussi via
des expositions organisées sous l'égide des Nations Unies pour la
journée des Droits de l'Homme, des Droits de l'enfant ou des
organisations non gouvernementales. Il se prépare d'ailleurs pour une
manifestation avec plusieurs dessinateurs à Ramallah. C'est le genre de
défi qu'il affectionne particulièrement : atterrir à l'aéroport de
Tel-Aviv pour aller ensuite dire en territoire palestinien ce qu'il
pense de l'occupation israélienne « mais ça ne m'empêche pas d'être ami
avec un caricaturiste israélien ». Dilem a une sorte
de philosophie de vie qui consiste à dialoguer et interpeller ceux qui
lui semblent les plus éloignés de ses propres positions. « A Atlanta,
en Australie ou au Canada j'ai adoré raconter mon pays, dire ce que
nous pensons, nous, ici, du monde. Je leur parle de Larbi Ben M'hidi [NDLR : figure emblématique de la guerre d'indépendance algérienne] et en ces moments-là je suis fier d'être algérien».
A ceux qui lui demandent pour quelle raison il reste en Algérie que tous les jeunes rêvent de quitter, Dilem
répond invariablement « un de mes rares motifs de fierté est d'avoir
vécu en France deux ans et d'être rentré au pays. Je ne pouvais pas
couper avec un peuple, mon peuple, avec lequel je dialogue
quotidiennement. Au risque de paraître populiste, je suis convaincu que
le renouveau viendra du peuple et non pas de la classe politique ou
intellectuelle inexistante par ailleurs ».
Une institution Dilem
? Beaucoup le pensent. Pas lui « Bien sûr j'aimerais transmettre mon
expérience à des jeunes, s'ils le veulent bien, mais je suis loin
d'être un modèle. Quand on a côtoyé des monuments de la caricature
comme Plantu par exemple on se dit qu'il faut rester
humble ! Je n'oublie pas que j'ai commencé le dessin pour dialoguer pas
pour dénoncer, pas pour donner des leçons. S'il m'arrive de le faire,
c'est toujours dans un esprit de communication », explique ce
quadragénaire. Il rit puis ajoute « quand j'étais plus jeune, je
faisais beaucoup de bêtises mais je ne savais pas que je pouvais être
payé pour le faire une fois grand ».
09 avril 2008
arabpressnetwork.org
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5 Réponses à "Ali Dilem, 10 000 caricatures et 50 procès" 
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a écrit le 16 May 2008 1:11:26 PM CEST
you are doing a great job carry on no matter what
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a écrit le 16 May 2008 2:35:28 PM CEST
Ali Dilem, 10 000 caricatures et 50 procès.
A l'occasion de la journee des droits de l'homme, je rend homage a tous les algeriens qui se battent pour une algerie libre, democratique et avangardiste . Je rend homage a Ali Dilem dont j'admire le courage , le talent et l'intelligence . a tous nos journalistes qui se batent pour nous reveler " LA VERITÉ" . |
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a écrit le 16 May 2008 9:48:22 PM CEST
Y'A ALI VOUS ETES LA FIERTE DE L'ALGERIE QUI AVANCE BONNE CONTINUATION!
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a écrit le 17 May 2008 6:26:58 PM CEST
a khou ali . l equipe de www.cafe-de-paris.jp s interesse pour traduire tes caricatures en japonais
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a écrit le 17 May 2008 6:28:45 PM CEST
bravo et bonne continuation ,meme au japon on est tres fier de vous
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