Un
accord a été conclu entre l'Algérie et la Libye sur la situation des
détenus dans les deux pays, à la suite d'une réunion à Alger des chefs
de gouvernement algérien et libyen, a-t-on annoncé samedi de source
officielle. Les deux pays ont conclu «un accord pour une solution à la
question des détenus dans les deux pays», selon un communiqué commun
publié à l'issue de de la rencontre entre Abdelaziz Belkhadem et son
homologue libyen El Baghdadi Ali El Hamoudi.
Aucune
indication n'a cependant été fournie sur le contenu de cet accord, ni
sur le nombre de détenus concernés des deux côtés. Une soixantaine de
détenus algériens, dont certains condamnés à la peine capitale ou à
l'amputation de la main droite, se trouvent actuellement dans les
prisons libyennes, selon leurs avocats algériens. Ils ont été condamnés
pour trafic de drogue ou vol notamment, des crimes respectivement
passibles de la peine de mort et de l'amputation de la main droite,
selon les préceptes de la loi islamique.
A
la demande de leurs familles, le président Abdelaziz Bouteflika est
intervenu personnellement en février auprès du colonel Mouammar Kadhafi
pour obtenir leur grâce. Mais le ministère de la Justice en Libye n'a
pas appliqué la mesure. Les familles des détenus menacent de manifester
devant l'ambassade de Libye à Alger pour obtenir leur libération.
Dans
une lettre publiée par la presse nationale, ces détenus avaient réclamé
la semaine dernière un droit de visite à leur avocat Kelfali Abdelhamid
pour s'informer sur leurs "mauvaises conditions de détention et porter
leur dossier devant les autorités libyennes". Selon le ministère de la
Justice, il n'existe pas de convention judiciaire entre Alger et
Tripoli permettant à des condamnés algériens enLibye de purger leur
peine en Algérie. Le nombre de détenus libyens en Algérie n'est pas
connu.