Le PDG du groupe Sonelgaz, Noureddine Boutarfa, a écarté « pour le moment » l’augmentation des tarifs du prix de l’électricité et du gaz. Mais, il a affirmé, en revanche, que la Sonelgaz ne pourra plus assurer le remboursement de ses dettes (d’emprunt obligataire), à partir de l’année 2011.
Le PDG du groupe Sonelgaz, Noureddine Boutarfa, a écarté « pour le moment » l’augmentation des tarifs du prix de l’électricité et du gaz. Mais, il a affirmé, en revanche, que la Sonelgaz ne pourra plus assurer le remboursement de ses dettes (d’emprunt obligataire), à partir de l’année 2011.
Etant obligé de maintenir la stabilité sociale, en évitant pour le moment, toute augmentation des prix de l’électricité et du gaz, le PDG du groupe Sonelgaz n’a pas caché hier, ses craintes quant à l’avenir du groupe. Il a affirmé clairement, en marge d’une conférence de presse sur le rapport de gestion consolidé et comptes sociaux du groupe de l’année 2007, que son groupe ne pourra plus supporter les charges des dettes, notamment à partir de l’année 2011. Il a affirmé dans ce sens, que si l’Etat ne décide pas une augmentation des prix, il est possible qu’il procèdera au transfert de la dette. Il a annoncé que l’Etat avait déjà évoqué le remboursement, à la place de la Sonelgaz, de la dette, pour éviter le recours à l’augmentation du prix de l’électricité et du gaz, mais cela reste au stade de propositions seulement. Le PDG du groupe Sonelgaz a affirmé que les investissements ne cessent d’augmenter. « Si le montant des investissements était pratiquement équivalent au chiffre d’affaires durant les trois exercices précédents de 2004 à 2006, l’année 2007 a vu le montant des investissements dépasser de plus de 15 milliards de dinars le chiffre d’affaires réalisé, en évolution de 41 % par rapport à 2006 », a�"t-il tenu à préciser en expliquant, que « le total des investissements en 2007 est arrivé à 140 milliards de DA et le chiffre d’affaires de 2007 a atteint 125,85 milliards de DA ». Et d’ajouter, qu’en l’absence d’augmentation des tarifs, le groupe n’a trouvé d’autres sources de financement que les emprunts et les prêts bancaires. Bien que le groupe supporte mal les charges lourdes de la dette, mais les premiers responsables du groupe se disent satisfaits.
Ils affirment avoir plus de 10 % de chiffres d’affaires en 2007 par rapport à 2006, des points positifs dus à la fois, à l’exportation de l’énergie excédentaire et la multiplication des abonnés par des nouveaux projets de raccordements effectués à travers le pays. « Nous comptons 214 000 nouveaux abonnés et 129 nouveaux clients industriels sur notre réseau d’électrification», précise M. Choual. Et d’ajouter, qu’«en matière de gaz, le taux de raccordement a augmenté de 9 % par rapport à 2006, soit 208 000 nouveaux abonnés raccordés», précise-t-il.
Si la situation actuelle est satisfaisante pour la Sonelgaz, Noureddine Boutarfa n’a pas caché son angoisse pour les années à venir. Car le groupe Sonelgaz s’est engagé à doubler sa capacité de production en 2009. Des projets d’envergure nécessitant des financements. «Nous devrons trouver rapidement des solutions pour financer nos investissements », ajoute le même responsable. Et de souligner, que « les prévisions pour les ouvrages énergétiques se font à moyen et long termes, et notre plan nécessite environ 19,8 milliards de dollars ». Le PDG indique que Sonelgaz doit maintenant trouver de nouveaux financements tout en essayant de rembourser les dettes, chose qui n’est pas aisée en l’absence d’augmentation de tarifs.
Par ailleurs, Sonelgaz veut se lancer dans la production des énergies renouvelables (ENR) avec l’objectif de produire jusqu’à 3 Mégawatts de cette catégorie d’énergie, selon son Pdg. Dans ce sens, Sonelgaz a formulé une demande auprès du gouvernement pour reprendre une société opérant dans le secteur des ENR proposée à la privatisation et ce, dans le but de se spécialiser également dans la production des énergies alternatives. Selon M. Bouterfa, si Sonelgaz arrive à acquérir cette entreprise, il sera question de réaliser un objectif de production allant entre 2 et 3 MW d’énergie renouvelable en Algérie. «Ce qui va développer les capacités publiques de production des ENR», a-t-il avancé, tout en se gardant de donner le nom de cette société que son groupe souhaite acquérir. Abordant le volet relatif à l’alimentation électrique, M. Bouterfa a fait savoir que Sonelgaz ne va pas recourir au délestage durant l’été prochain, grâce à des capacités de production électrique suffisantes. Quant aux délestages survenus précédemment, il a expliqué qu’ils étaient dus à des incidents et non pas à l’insuffisance des capacités disponibles.
A propos de l’ouverture de l’activité de distribution du gaz et de l’électricité dans le cadre des nouvelles dispositions d’attribution des concessions, il a affirmé que son entreprise ne craignait pas l’ouverture de cette activité au secteur privé. D’autant plus, a-t-il expliqué, que Sonelgaz va mettre à niveau dans les 3 prochaines années, l’exploitation et le maintien de ses réseaux de distribution. Selon lui, «l’Etat a accordé un privilège à Sonelgaz permettant de déterminer les concessions qu’elle allait garder dans son portefeuille», mais lui a accordé un délai de 6 ans pour la mise à niveau de l’exploitation et le maintien de ses réseaux de distribution. Faute de quoi, les concessions mal gérées lui seront retirées et concédées au privé. Ces concessions sont opérées en application d’un décret exécutif datant d’avril 2008 qui a fixé, rappelle-t-on, les modalités d’attribution et de retrait des concessions de distribution de l’électricité et du gaz, et le cahier des charges relatif aux droits et obligations du concessionnaire.