Actualité Algérie - Bladi-DZ - http://www.bladi-dz.com
Travailleurs sans-papiers: les dossiers se multiplient, les régularisations sont limitées
http://www.bladi-dz.com/articles/1759/1/Travailleurs-sans-papiers-les-dossiers-se-multiplient-les-regularisations-sont-limitees/Page1.html
Par AFP News
Publié le 28/05/2008
 
PARIS (AFP) - Le mouvement de grève de salariés sans-papiers lancé le 15 avril en Ile-de-France par la CGT et Droits Devant! a essaimé, faisant sortir de l'ombre plus d'un millier de clandestins qui réclament leurs régularisations, malgré le peu de titres de séjour délivrés jusqu'à présent

Travailleurs sans-papiers: les dossiers se multiplient, les régularisations sont limitées
PARIS (AFP) - Le mouvement de grève de salariés sans-papiers lancé le 15 avril en Ile-de-France par la CGT et Droits Devant! a essaimé, faisant sortir de l'ombre plus d'un millier de clandestins qui réclament leurs régularisations, malgré le peu de titres de séjour délivrés jusqu'à présent

Face à la multiplication des demandes et des piquets de grève, le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux a réaffirmé mardi dans Libération que les régularisations se limiteront "à quelques centaines".

Depuis le dépôt fin avril de près de 1.000 dossiers encadrés par la CGT et l'association Droits Devant! dans cinq préfectures d'Ile-de-France (Paris, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), un peu plus d'une centaine de récépissés de régularisation ont été délivrés.

La CGT estimait lundi que la situation "se débloquait un peu" pour ces dossiers et espérait atteindre 200 "régularisations effectives" dans la semaine.

Les démarches continuent toutefois de se multiplier en préfecture, issues d'une deuxième vague de grève lancée mardi dernier par les deux organisations, mais aussi d'initiatives d'autres syndicats comme la CFDT ou l'union syndicale Solidaires (Sud), qui s'indigne de "grosses difficultés pour déposer des dossiers".

Mercredi, des militants de Solidaires ont prévu de se rassembler pour accompagner un rendez-vous à la Préfecture de Paris et tenter de déposer les dossiers d'une trentaine de salariés de sept restaurants et d'une entreprise de nettoyage parisiens.

"Quelle que soit la personne qui aille en Préfecture, que ce soit l'employeur, une délégation syndicat-employeur ou avec le salarié, on nous renvoie de service en service", regrette Mathieu Borie, de Solidaires-Paris.

"On veut avoir la possibilité de déposer collectivement des dossiers, comme cela a été fait pour d'autres", ajoute-t-il.

Face à l'importante mobilisation de sa première grève, la CGT avait obtenu du ministère de l'Immigration de pouvoir encadrer la constitution et le dépôt des dossiers. Le ministère avait toutefois expliqué que la CGT n'était "pas une filière de régularisation".

La CFDT a également parrainé dans les Yvelines le dépôt de dossiers sur plusieurs semaines de 193 salariés sans papiers non-grévistes.

"Si on peut faire bouger les choses ensemble, c'est tant mieux", déclarait récemment le responsable CGT Raymond Chauveau. "On ne demande pas de changer la loi, juste de l'appliquer".

L'article 40 de la loi du 20 novembre 2007 et une circulaire du 7 janvier 2008 offrent la possibilité de régularisation sur demande de l'employeur, à condition que le salarié travaille dans un secteur "en tension" (qui connaît des difficultés de recrutement) et soit sous contrat ferme d'un an minimum.

La Coordination 75, qui regroupe quatre collectifs de sans-papiers parisiens, réclame depuis le 3 mai le soutien de la CGT en occupant une annexe de la Bourse du Travail à Paris (IIIe).

Ils sont "plus d'un millier" tous les soirs, selon Sissoko Anzoumane, responsable de la coordination, qui regrette de ne pouvoir bénéficier de l'"appui" des centrales syndicales, qui bénéficient de l'écoute du ministère et de l'aide des patrons.

Après un refus de dépôt collectif, la coordination n'a déposé aucune demande, parce que "tous les travailleurs ici sont des travailleurs isolés, et nos demandes individuelles n'auront aucun poids", explique M. Anzoumane.

"Nous voulons l'égalité de traitement avec les autres grévistes", souligne-t-il.