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Que reste-t-il de la démocratie?
- Par Rédaction Bladi DZ
- Publié 30/06/2008
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Il reste, aujourd’hui encore, convaincu que la démocratie réelle est la forme étatique la plus digne humainement parlant. Aucun autre système politique ne respecte autant l’individu, sa liberté, sa dignité et cherche à reporter la volonté des citoyens dans l’action gouvernementale. En démocratie, la souveraineté s’étend aux millions de citoyens. Ils ne cèdent le pouvoir de gouverner à des représentants, habilités à résoudre les problèmes politiques et de société, que temporairement et de manière révocable.
Avons-nous aujourd’hui encore une telle démocratie?
- 90% de la population s’opposent au fait que notre gouvernement soutient la guerre d'agression des Américains en Afghanistan, en Irak et peut-être bientôt en Iran. – Toutefois, il semble bien que cette volonté ne joue plus aucun rôle auprès des politiciens au gouvernement et des partis.
- Plus de 70% de la population en Allemagne, et certainement aussi en Europe, refusent l'élargissement du pouvoir de la Commission politique de Bruxelles à l’aide d’un nouveau traité constitutionnel. – Malgré cela, le gouvernement allemand s’engage dans la perte de souveraineté, contre la volonté de la majorité de la population et sans s’occuper de l’avis des citoyens. Le politicien Kohl a estimé: «Où irions-nous si la population devait décider de ces questions si importantes?» Que vaut, dans ces conditions, le droit de codécision des citoyens?
- Plus de 80% de la population refusent l'adhésion de la Turquie à l’UE, du fait que ce pays ne fait pas partie de l’Europe et que cela aurait des conséquences insupportables. Ce nonobstant, nos politiciens et nos partis s’efforcent, sous la pression des Etats-Unis, presque à l’unanimité d’imposer l’adhésion de la Turquie, envers et contre la volonté de leurs électeurs. – Peut-on estimer que ces politiciens sont encore les représentants de leurs électeurs?
On pourrait en rajouter en évoquant le renoncement au D-Mark, contre la volonté de 90% de la population, le traité d’Edimbourg où Kohl rendait l’Allemagne tributaire de la plupart des Etats européens pour «l’éternité», l’élargissement de l’OTAN vers l’Est, dirigée directement contre la Russie, et bien d’autres mesures politiques entreprises contre la volonté de la population.
On en tire la conclusion que les agissements des politiciens dominants en Allemagne et en Europe ne visent pas les intérêts des populations, mais bien ceux d’autres cercles. Il semble bien que la démocratie n’ait pas suffisamment de force pour imposer aux politiciens de défendre la volonté des corps électoraux.
On remarque à la forte baisse de participation aux élections combien les votant(e)s sont en désaccord avec cette situation. Mais l’élite politique n’est pas en reste en combines: s’il n’y a plus que 10% de la population qui se rend aux urnes, on peut estimer que 6% forment une majorité absolue et on peut continuer de gouverner. Il ne s’agit pas d’une majorité de la population et des votants, mais seulement de la majorité de celles et ceux qui se donnent la peine d’aller voter, même s’il ne s’agit que d’une minorité. Notre gouvernement de la «grande coalition» n’est, après tout, élu que par une minorité de notre population. Il ne représente pas la majorité du peuple.
Le gouvernement a conscience depuis belle lurette de ce déficit de légitimation démocratique. C’est pourquoi il se sert des vieux mécanismes de contrôle des dictatures, afin de tenir le corps électoral en laisse, soit: les contribuables en transparence, la surveillance des téléphones fixes ou portables, des numéros d’identification des citoyens qui devraient être implantés dans les individus, comme pour les animaux, ainsi que l’introduction du paragraphe 130 du code pénal, ressemblant fort à une inquisition, permettant à l’Etat de poursuivre et enfermer les dissidents – actuellement plus de 2500.
Ce n’est pas ainsi que nous envisagions la démocratie, il y a cinquante ans lorsque nous luttions pour l’imposer. Nous voulions être des citoyens libres, mais sommes de plus en plus devenus sujets. Il y a un retournement de situation, en matière d’autogestion et du principe de délégation de pouvoir, lorsque les politiciens, les partis et l’appareil gouvernemental dominants se détournent pareillement de la population, ne se sentant plus les représentants de la volonté du peuple, mais agissant à son encontre. Le pouvoir, dans ce système, n’est plus délégué de bas en haut, mais décidé centralement et dirigé de haut en bas, ordonné et contrôlé. Nous avons glissé insensiblement, au cours des dernières trente années, de la démocratie vers un pouvoir centralisé. Les orientations importantes ne sont plus décidées démocratiquement, mais contre la volonté du peuple. On ne tolère la démocratie plus que dans les aires inférieures et marginales.
On découvre brusquement, et cela de plus en plus, que nombre de politiciens et de partis ont une loyauté à double face. Le scandale de la firme Volkswagen a démontré que la direction d’une multinationale domine son environnement non seulement économiquement, mais aussi politiquement par la corruption, en soudoyant afin d’imposer sa volonté. Il fut un temps où un roi régnait à Hanovre, aujourd’hui c’est Volkswagen. Il en va de même dans les autres Länder du pays. Le royaume de Wurtemberg est dominé par Daimler-Benz, la Bavière par Siemens, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie par les multinationales du charbon et de l’acier. Selon une publication du syndic de faillite dans le cas Kirch, même un chancelier et ses ministres n’ont pas hésité à se laisser soudoyer année après année par une puissance financière étrangère. Selon une enquête du «Mittelstandsinstitut Hannover», la majorité des députés du Bundestag et tous les partis mangent aux râteliers des grandes organisations collectives des multinationales et des syndicats. Le parlement a empêché à une large majorité toutes les tentatives des citoyens et de leurs organisations de faire interdire la corruption des politiciens et des partis et de les traduire en justice. La corruption n’est punissable qu’au niveau des fonctionnaires subalternes, mais pas pour ceux qui donnent les orientations aux fonctionnaires et sont censés résoudre les grandes questions vitales de notre population.
Les causes de cette perte de démocratie et de la domination centralisatrice grandissante
Les causes de cette perte de démocratie au profit de la centralisation ne sont pas à chercher seulement dans la corruption politique; il s’agit bien d’une transformation structurelle apparue dans les trente dernières années, et cela pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. Auparavant, la politique tenait le haut du pavé dans le pouvoir étatique et devait, de ce fait, diriger tous les autres domaines. Ce fut vrai tant pour les princes que pour les dictateurs que même pour les gouvernements démocratiques. – Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Entre-temps, le capital financier et les multinationales ont conquis, sous le prétexte de la mondialisation, «une liberté sise au-dessus de toutes les législations nationales», étant en mesure de menacer tous les gouvernements et tous les pays de se déplacer dans d’autres pays (refuges fiscaux, pays à bas salaires) si les forces politiques ne cèdent à leurs volontés. Ainsi, le pouvoir étatique s’est renversé. Ce n’est plus le pouvoir politique qui dirige l’économie, mais cette dernière, au travers de ses grands ensembles, qui dicte sa volonté. La corruption qui en découle n’est qu’une conséquence de cette transformation du pouvoir.
Ce n’est d’ailleurs pas qu’un problème national, mais bien international. Les Etats-Unis eux-mêmes ne sont plus, et depuis longtemps, une démocratie, étant financés, dominés, dirigés et manipulés politiquement par les deux grands groupes de la haute finance. L’administration américaine doit mener des guerres là où ces groupes veulent tirer du pétrole ou d’autres matières premières (Kosovo) ou quand elles ont besoin de marchés pour leur industrie d’armement. On ne peut se lancer dans la politique aux Etats-Unis que dans la mesure où on obtient le soutien de l’un des deux grands groupes financiers.
Dans ce pays on a affaire à une ploutocratie et non plus à une démocratie. Ce système de pouvoir du capital est imposé au monde entier au travers d’organisations internationales créées par les USA, telles que la Banque mondiale, l’OMC, le Fonds monétaire international. L’Union européenne, elle aussi, n’est pas née de la volonté des peuples, mais sous la pression de la haute finance américaine, afin de pouvoir diriger l’Europe de façon unifiée et ne pas avoir à faire à 27 gouvernements indépendants qui, en plus, s’en tiennent à leur souveraineté.
Le pouvoir du capital est toujours centraliste et, de ce fait, ne peut supporter la démocratie. Profitant de la mondialisation, la haute finance et les multinationales ont affaibli les démocraties dans le monde entier afin de renforcer leur influence et prendre leurs décisions contre la volonté des populations. C’est ainsi que chez nous, la démocratie a glissé irrésistiblement vers la ploutocratie, c’est-à-dire le pouvoir du capital international et des multinationales sur les gouvernements, les partis, l’Etat et par conséquent les peuples.
Nous n’avons pris conscience de cette perte de démocratie beaucoup trop tard. Il n’est plus possible de faire entendre les voix critiques, le capital international dominant aussi nos médias en leur imposant ce qu’ils ont à publier. On comprend donc que la perte de démocratie n’est pas due au hasard, mais est le fruit d’une volonté ciblée.
Néanmoins, il y a un espoir. La haute finance internationale a eu besoin de toujours plus de liquidités pour construire son pouvoir global, sommes tirées de la banque centrale américaine (Federal Reserve Bank). Entre-temps, ces montants ont pris de telles proportions qu’ils ne semblent plus maîtrisables. Au cours des trente années écoulées, la haute finance a multiplié par quarante le volume de fonds du monde occidental, alors que la production de biens n’a été multipliée que par quatre. Nous vivons donc dans une gigantesque bulle financière sans couverture qu’il devient de plus en plus difficile de maîtriser et qui risque d’éclater un jour ou l’autre. Dans ce cas, le pouvoir de la ploutocratie sera discrédité au moins pour un certain temps, les populations se sentiront trompées et refuseront la domination des anciens fourbes. C’est alors qu’il devrait être possible d’imposer un changement pour retourner à l’autodétermination.
Il semblerait que cette phase ait déjà commencé.
Eberhard Hamer, professeur au Mittelstandsinstitut de Hanovre*
horizons-et-debats.ch
* Eberhard Hamer est le cofondateur et, depuis 3 décennies, le président du Mittelstandsinstitut (institut des classes moyennes) Niedersachsen de Hanovre. Dans des livres, des articles et des conférences données dans le monde entier, ses collaborateurs et lui ont défendu la cause des petites et moyennes entreprises (PME) axées sur l’intérêt général à la fois contre les excès de bureaucratie d’un appareil étatique envahissant et contre un capitalisme qui conduit à la suprématie des grands groupes. Hamer a non seulement prouvé que l’économie profitait grandement lorsque les PME pouvaient épanouir leur potentiel entrepreneurial mais encore que les valeurs humaines y étaient mieux respectées que dans l’important appareil étatique et dans les grands groupes industriels.
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7 Réponses à "Que reste-t-il de la démocratie?" 
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a écrit le 30 Jun 2008 9:52:56 PM CEST
il reflete une realite
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a écrit le 01 Jul 2008 1:11:10 AM CEST
il n y a pas de démocratie il y a démocrasie c à d les plus forts dictent leurs volontés et écrasent et éliminent "au sens militaire du terme = kill" les opposants et les plus faibles, donc il ne reste que les plus forts.
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a écrit le 01 Jul 2008 9:59:38 AM CEST
Il dit ce que l'on voit : oui, les traités internationaux répondent à des exigences d'organisations ethniques religieuses idéologiques telle que le CRIF ou l'AIPAC pour ne citer qu'elles. Mais quels citoyens honnêtes et libres peuvent les dénoncer voire les combattre. Savez-vous qu'il est interdit , selon le sionsite sarkosy, d'expliquer le colonialisme, l'impérialisme, le sionisme comme source de colère et haine des peuples les subissant, et y résistant, pour la simple raison que leur pouvoir est usurpé et qu'un conscensus populaire y mettrait fin.
L'Europe du Crif rejoint les Us ce n'est pas le choix de ses peuples, l'usurpation du pouvoir par les juifs est un mal que mesure déjà les afgans et c'est une réalité. La démocratie est morte entre les mains du peuple sioniste juif. Ce n'est pas la démocratie qui est en cause mais bien ce qui en tiennent les leviers car leur loyauté, juive au chrétienne, sert d'abord le sionisme mondial, pourtant une guerre a dénoncé cette dérive. Seule solution politique : le monde musulman. Nettoyer ce mal et peut-être organiser un Califat du Monde Arabe qui serait le parallèle des présidences européennes avec des Conseils de Sage dans chaque état pour élire un Calif, version islamique moderne de la démocratie infectée. Les colons Us y adhère, voyez leur systême, mais le problème c'est qu'il est gangréné par le dollar matière première des lobbys guerriers. |
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a écrit le 01 Jul 2008 11:04:24 AM CEST
J'aime cet article-parfaitement bienfait;IL renseigne sur les capacités magistrales de l'auteur. Il faudra peut etre signaler que tout président américain est soumis et ce depuis 1953, à l'obligation de suivre la dictée des maitres de la finance émise dans des journaux spécialisés: wall street journal,newyork times...Donc,à mon humble avis il n'y a pas de démocratie responsable ou irrèsponsable:il ya de la démocratie tout court ou pas. Cela étant dit, nous vivons une misére démocratique! le second point qui n'a pas été traité est la primauté du spirituel voire du religieux sur le politique, notamment aux USA, qui demeure un secret de polichinelle.J'imagine mal un blanc devant une assiette vide!!!!!! et les regards doivent se focalisés sur la politique de l'oncle Sam, dans l'état actuel de l'évolution des données d'ordre géopolitiques.
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a écrit le 01 Jul 2008 9:05:06 PM CEST
excellent article,cependant il me semble qu'il faut également réfléchir à ce sujet et faire des propositions aux gouvernants du monde pour consolider la démocratie là ou elle existe et l'instaurer là ou elle est bafouée à l'exemple du zimbabwe et du monde arabe et d'autres pays du tiers monde sans citer le modele occidental que l'on sait gangrené par l'argent et la puissance des loby....
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a écrit le 02 Jul 2008 2:12:04 PM CEST
l'auteur definit bien la démocratie .Pour lui c'est la démocratie populaire .La réalité a montré qu'il y a aussi la democratie tacite dûe à la force financiere ou autre ; on n'oserait pas s'opposer à: celui qui nourrit le pays par son chiffre d'affaire et ses contributions fiscales.Une question de fond s'impose ainsi d'elle même : est ce que la propriété privée sert la communauté ou la dessert.Est ce que la propriété collective sert la communauté ou la dessert? Le débat est ainsi ouvert .
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a écrit le 02 Jul 2008 6:16:55 PM CEST
A mon humble avis, pour consolider la démocratie, il faudrait instituer des gardes fou (simple exemple, on peut suspendre, l'immunité ou même ,pourquoi pas le mandat à un député, qui sort des sa ligne politique).
Ce qu'on voit actuellement, les assemblée ont perdu leurs valeurs, les ministres ne sont que l'ombre d'eux mêmes. Je finis, pour dire que la démocratie a été inventée par les peuples et trouveront les moyens pour la consolider, il suffit d'alerter par ce genre d'intervention afin d'éveiller les consciences. |
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