Charm El Cheikh : A la 11e session ordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine
- Par El MOUDJAHID
- Publié 1/07/2008
- Evénement
- Pas noté
Les travaux de la deuxième et dernière journée du 11e sommet ordinaire des Chefs d'Etat et gouvernement de l'Union africaine (UA) ont repris hier matin à Charm El-Cheikh (Egypte). L'ordre du jour de cette deuxième journée tournait autour de la question de "la paix et de la sécurité" dans le continent africain. Les dirigeants africains ont débattu lors de la première journée des travaux du thème de la "réalisation des Objectifs du millénaire" à travers les questions de l'eau, de l'assainissement et la crise alimentaire.
Au dernier jour du sommet de l’Union
africaine, il y a lieu de noter l’intervention du Président Bouteflika
qui a abordé “la situation de la paix et de la sécurité en Afrique”
ainsi que la conférence de presse animée par Jean Ping, président de la
Commission de l’UA, Asha Rose Migiro, vice-secrétaire générale des
Nations unies, Donald Kabaruka, président de la Banque africaine de
développement (BAD), le président de l’UA et Président de la République
Unie de Tanzanie, Jakaya Kikwete sur le rapport relatif à la
réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement en
Afrique adopté par les dirigeants africains et les principales
organisations internationales. Dans son intervention portant sur la
situation de la paix et de la sécurité en Afrique, le Président
Bouteflika a souligné la nécessité de faire preuve de persévérance en
continuant à œuvrer ensemble et à conjuguer toutes les énergies pour
parvenir à un règlement définitif et durable des conflits et des crises
sur le conflit. C’est là le meilleur gage de succès, a souligné le Chef
de l’Etat qui a relevé les développements qui incitent à l’optimisme
concernant le problème du Darfour (Soudan) après le récent déploiement
de la mission des Nations unies et de l’UA. Nous saluons les actions en
cours en vue de réunir toutes les factions autour d’une plateforme de
négociation commune et d’asseoir les bases d’une paix et d’une sécurité
durable pour tous. Cependant, le Chef de l’Etat observe que la
persistance des hostilités est une source de préoccupations en raison
des dangers qu’elle fait peser sur l’ensemble de la région déjà
éprouvée par l’attaque d’Oum Dourman. Il est évident que les relations
apaisées entre le Soudan et le Tchad, frères, contribueront à atténuer
les tensions dans la région et à favoriser un meilleur climat pour
relancer le processus de paix au Darfour. Evoquant la crise en Somalie,
le Chef de l’Etat soulignera l’urgence d’un règlement politique de la
crise qui passe nécessairement par l’implication de toutes les parties.
La communauté internationale est également interpellée pour apporter
son concours alors que la situation humanitaire est des plus
préoccupantes.
L’accord du 9 juin conclu à Djibouti, que nous saluons,
ouvre des perspectives d’une sortie définitive de la crise. Le Chef de
l’Etat a salué également les progrès enregistrés en Côte d’Ivoire à la
faveur de la signature, le 4 mars 2007 à Ouagadougou, de l’accord de
paix sous la médiation du Président du Burkina Faso, M. Blaise
Compaoré. La signature en novembre dernier des deux accords
complémentaires sont de nature à consolider la stabilité et la
sécurité. Il y a lieu également de constater l’évolution positive de la
situation dans l’île d’Anjouan marquée par le retour de l'île dans
l’archipel des Comores sous la souveraineté du gouvernement fédéral. Le
Chef de l’Etat mettra ce succès à l’actif du peuple comorien et de la
détermination de l’UA à travers son Conseil chargé de la paix et de la
sécurité. Le Président Bouteflika lancera un appel fraternel pour que
la voie du dialogue soit empruntée dans le différend qui a surgi entre
Djibouti et l’Erythrée. S’agissant du rapport sur la réalisation des
Objectifs du millénaire présenté lors de la conférence de presse, les
intervenants ont indiqué qu’au dernier jour du sommet de l’Union
africaine, la vice-secrétaire générale des Nations unies, Asha Rose
Migiro, le président de l’UA et Président de Tanzanie, Jakaya Kikwete,
et le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, ont publié un
rapport repère élaboré et soutenu par leurs organisations respectives
et préparé conjointement avec les dirigeants du groupe de la Banque
africaine de développement, de la Commission européenne, du FMI, du
groupe de la Banque islamique de développement, de l’OCDE et de la
Banque mondiale. Ce rapport issu du groupe de pilotage pour la
réalisation des OMD en Afrique, une initiative du SG de l’ONU, Ban
Ki-moon, comprend un ensemble de recommandations clés qui définissent
la marche à suivre pour que l’Afrique puisse combattre les fléaux de la
pauvreté, la famine et la maladie pour réaliser les OMD d’ici à 2015.
A
mi-parcours de l’échéance de 2015, une évaluation s’agissant de savoir
où en sont les pays africains par rapport aux OMD, montre qu’en dehors
de quelques pays, peu nombreux, qui ont enregistré des résultats
encourageants, la majorité des pays africains ne pourront pas réaliser
les OMD si on ne redouble pas d’efforts aujourd’hui. C’est pour cette
raison qu’un groupe de travail a été mis en place pour aider à faire
mieux dans l’atteinte des objectifs. Les recommandations du groupe de
pilotage pour la réalisation des OMD constituent une feuille de route.
“Nous pouvons utiliser ces recommandations comme plateforme, les
intégrer dans les plans nationaux à titre individuel. Nous devons nous
approprier ces recommandations pour avancer et relever les défis de la
crise alimentaire, des bouleversements climatiques de la hausse des
prix de l’énergie, de la pauvreté, de la sécheresse, de la stagnation,
de la récession”, a souligné M. Kikwete Jakaya, lors du point de
presse. L’orateur a estimé que l’appui demandé aux partenaires de
l’Afrique, au G8 n’est pas une question morale, il s’agit d’un
investissement en faveur de la paix et de la sécurité. C’est le message
que nous voulons transmettre au G8 qui se réunit la semaine prochaine à
Hokkaïdo (Japon), dira M. Kikwete qui note que les OMD ne sont pas des
rêves, c’est des objectifs réalisables. La nécessité de politiques
idoines, de programmes bien conçus et bien suivis dans leur mise en
œuvre, a été soulignée. A cet égard, les expériences réussies dans
certains pays dans des domaines divers (santé, éducation,
agriculture...) montrent le bon exemple à suivre. Il a été préconisé de
lancer la révolution verte pour produire davantage. Il faut plus
d’efforts pour que tous les enfants en âge d’être scolarisés aillent à
l’école, développer la prévention contre les maladies tropicales. Le
dernier sommet du G8 a montré que des résultats intéressants sont
obtenus quand l’aide parvient à temps. Ainsi, 30 millions de
moustiquaires ont été distribués en Afrique, ce qui a permis de sauver
3.000 personnes. Il est certain que l’Afrique a besoin de davantage de
fonds, a souligné un intervenant.
Z. G.