Union pour la Méditerranée : Les ministres arabes des AE se rencontrent samedi à Paris
En
confirmant sa présence, le président de la République a levé, lundi,
une des dernières incertitudes qui pesait sur le sommet de l'Union pour
la Méditerranée (UPM), dont l'ouverture est prévue le 13 juillet. Avec
l'annonce de la participation du Premier ministre turc Recep Tayyip
Erdogan et celle de Abdelaziz Bouteflika, la plupart des 44 chefs
d'Etat et de gouvernement invités devraient finalement être présents, à
l'exception du Libyen Mouammar Kadhafi, qui n'y déléguera qu'un simple
observateur.
Donc, hormis l'absence confirmée de Kadhafi,
tous les chefs d'Etat ou de gouvernement arabes concernés par le projet
de l'UPM seront du voyage à Paris et participeront à la cérémonie
d'ouverture, prévue dimanche prochain. A priori, les pays arabes
semblent décidés à aller en bloc soudé et faire position commune autour
des principales questions que traitera ce premier sommet. C'est dans
cette perspective qu'une réunion des ministres arabes des Affaires
étrangères est prévue samedi, soit la veille du sommet. Selon un
communiqué du ministère des Affaires étrangères égyptien, la réunion,
qui vise à « coordonner les positions » des pays arabes concernés par
le projet, se tiendra dans les locaux de l'ambassade d'Egypte.
Les concertations devraient sans nul doute tourner autour de la
position à prendre concernant la présence d'Israël dans ce groupement
régional et du rôle qui lui sera dévolu, ainsi que sur les réserves
déjà émises par les pays arabes lors du dernier Formed. Le chef de la
diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, qui s'envolera jeudi pour
Paris, présidera les entretiens. Aboul Gheit s'entretiendra dès son
arrivée dans la capitale française avec son homologue français, Bernard
Kouchner, ainsi qu'avec le conseiller diplomatique du président Nicolas
Sarkozy, Jean-David Levitte. Dans ce qui ressemble à une position
commune, les pays arabes de la rive sud de la Méditerranée avaient déjà
demandé des «clarifications» sur la participation d'Israël à l'UPM lors
du denier Forum des pays de la Méditerranée (Formed) à Alger. Les pays
arabes ont demandé au cours de ce forum des « clarifications sur les
conséquences » de l'entrée d'Israël dans l'UPM, avait indiqué le
ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci.
Organisé presque un mois avant la proclamation de l'UPM, le Formed
rassemblait onze pays des rives nord et sud de la Méditerranée, ainsi
que la Slovénie qui assurait la présidence semestrielle de l'Union
européenne (UE) et la Libye en qualité de présidente de l'Union du
Maghreb arabe (UMA).
En visite à Athènes, le président
français Nicolas Sarkozy avait affirmé que la présence d'Israël dans
l'UPM ne posait « pas de problème » à des pays arabes comme l'Egypte,
la Tunisie et le Maroc. A l'issue de ce Formed, Mourad Medelci avait
indiqué que « ce n'est pas l'UPM qui doit faire la normalisation (des
relations) entre Israël et les pays arabes, à laquelle n'était pas
parvenu le processus de Barcelone » de 1995, liant l'Union européenne à
cinq pays du sud de la Méditerranée. Le processus de normalisation avec
Israël, selon le ministre, relève d'un autre débat parmi les pays
arabes, qui ont voté à Beyrouth en 2002 une résolution réclamant
l'évacuation par l'Etat hébreu des territoires palestiniens occupés en
1967 contre la normalisation de leurs relations avec lui et la création
d'un Etat palestinien. Cette résolution a été confirmée par le dernier
sommet arabe de Ryad.
Medelci avait d'autre part souligné que
les pays membres de la future UPM n'ayant pas de relations avec Israël
ne devaient « pas être contraints de participer à des projets communs »
avec cet Etat au sein de l'UPM. Parmi les « réserves » citées par le
ministre algérien, figurent notamment le financement des organes de
l'UPM et leur siège.
Djamel B.