Le climat d’insécurité, qui prévaut en Kabylie, plus particulièrement à Tizi Ouzou, a été, hier, au centre des débats à l’Assemblée populaire de wilaya (APW). Une initiative des responsables de cette institution, «boudée» par les élus du FFS de Hocine Aït Ahmed et ceux du RND d’Ahmed Ouyahia, et à laquelle seuls, les élus (parlementaires, APW et APC) étaient conviés ; l’administration et les services en charge de ce volet n’ayant pas été associé.

Non «pas pour nous substituer aux professionnels de la sécurité», explique le P/APW dans sa déclaration liminaire, mais plutôt «exercer une prérogative légale et légitime qui consiste à répondre aux inquiétudes et questionnements de la population sur une préoccupation cruciale pour son bien être».

Il s’agit pour nous, a-t-il dit, de communiquer dans la transparence ce qui est un devoir et un prélude à la production de solutions de sortie de crise de confiance qui affecte la relation du citoyen avec l’administration. «Le moins que l’on puisse dire est que cette région a connu un laxisme coupable quand il s’agit de sanctionner des auteurs de méfaits avérés surtout quand ils servent les desseins des tenants du pourrissement», a-t-il poursuivi. D’aucuns, du moins chez les élus RCD de Saïd Sadi et du FLN de Abdelaziz Belkhadem ont dénoncé le climat d’insécurité qui prévaut en Kabylie. «Nous, élus de la wilaya de Tizi Ouzou, réunis pour un débat franc et vital relatif à l’insécurité qui prévaut dans notre région, déclarons que l’insécurité sous toutes ses formes hypothèque l’avenir de notre wilaya», est-il écrit dans la déclaration finale remise à la presse et rédigée au nom des élus ; l’institution ayant dès le départ, rappelé que les interventions des élus lors des débats n’engagent que leurs auteurs. «Au chômage endémique, aux maux sociaux, à la violence grandissante à l’insécurité, s’ajoutent l’anarchie ambiante et le laisser-aller», notent-ils dans ledit document. Les services de sécurité, poursuit le document, quelques soit le corps auquel ils appartiennent, doivent accomplir pleinement et efficacement leur rôle, à tous les niveaux et sur toute l’étendue de la wilaya dans le strict respect des lois de la république et des droits de l’homme.

Et de rappeler qu’ils ne ménageront aucun effort pour aider à lutter contre ce phénomène qui gangrène de plus en plus la région, pour peu que, indiquent-ils, les pouvoirs publics partagent notre préoccupation. Dans un autre registre, les élus de la wilaya de Tizi Ouzou, tout en réaffirmant qu’ils sont les seuls représentants légitime de la population qui les a mandatés, ont rappelé qu’ils feront face aux représentants  auto-proclamés et usurpateurs de tous bords qui alimentent le désordre espérant se replacer de nouveau. «Toute autre approche qui ne respecte pas la volonté exprimée par les urnes sera comprise comme une volonté délibérée d’enfoncer encore plus la région dans le chaos», lit-on encore à travers leur déclaration. «Le devenir de notre région dépend aussi de notre capacité à rejeter les intrus et à amener l’Etat à mettre en place ses attributions constitutionnelles», concluent les élus non sans appeler la population à rester vigilante.

Rabah Mokhtari