En se souvient de triste mémoire de la manière dont  a été réprimé l’appel au droit d’être de notre culture, de notre langue, et de notre histoire, falsifiée par le colonialisme Français qui a sacralisé l’apport latin et l’apport européen. Les islamo baathistes « arabistes » ont pris la suite des français en magnifiant l’apport arabe dans notre histoire.

Leur obscurantisme à vouloir se chercher une identité authentique venue d’ailleurs, les conduit irrémédiablement à une dépersonnalisation et à une aliénation perverses. Engoncé dans une conception irréaliste et machiavélique, l’Algérie n’a jamais été reconnue durant la guerre d’indépendance et après l’indépendance comme étant une société dont l’identité est harmonieusement plurielle.

Tamazight a longtemps été occulté par tous les pouvoirs publics qui ont à gérer notre région depuis  son indépendance. En Afrique du Nord, seule l’identité arabe  était reconnue. Alléchant que l’amazighité était porteuse de division de la société, susceptible d’être instrumentalisée par le sionisme et l’impérialisme. L’Afrique du nord extirpait son identité première.

Prétendre être arabe, ou arabo musulman du fait de    sa reconversion à  l’islam confiné dans la langue arabe par le fait des seigneurs ou dire ne connaître aucun pays au monde qui possède deux langues officielles n’a pas de sens ; c’est de l’inculture, de l’autisme et de la cécité.

Cette vision n’est ni rationnelle ni nationale, elle est inqualifiable, car de part son contexte géographique, historique, culturel, identitaire et sociologique ; l’Afrique du Nord ne peut être qu’afro  méditerranéenne. Nous avons connu des grandeurs, des phases de colonisation, et des phases de domination. Actuellement, nous assistons à la phase de déculturation et de dépersonnalisation.

Malgré les moyens colossaux mis en œuvre pour la réprimer, notre revendication amazighe à travers toute l’Afrique du Nord, a  enregistré bien des avancées. Totalement étouffée il y a un demi siècle,  confinée dans des archaïsmes, réduite à un folklore, la culture amazighe acquiert ça et là un statut juridique souvent ambigu, mais à même de la faire progresser. Cela est le fruit de notre combat multiforme, c’est aussi le signe de l’échec des idéologies totalitaires faites de reniement, d’irrationalité et de haine de soi.

Il devient évident qu’aucune construction nationale, aucune cohésion sociale ne peut se réaliser lorsqu’on décide de s’amputer de sa propre identité car l’on se prive de l’énergie des profondeurs qui alimentent  notre marche dans l’histoire. De même, aucun développement  économique ou autre ne peut s’effectuer dans une contrée agitée par des dissensions politique récurrentes .C’est pourquoi, nous convions tous les acteurs sociaux à plus de sagesse, plus de sérénité.

Notre congrès est un aboutissement et un point de départ : l’aboutissement d’une lutte menée par nous tous et surtout par ces centaines de milliers d’anonymes qui ont su garder une foi inébranlable en la justesse de la revendication, le point de départ d’un mouvement mieux structuré pour répondre aux attentes de nos populations et s’adapter à la conjoncture internationale. Dans cet ordre d’idées, je propose quelques axes de réflexions, quelques principes qui doivent régir notre action.

1° Notre action restera, comme elle l’a toujours été, pacifique. Qu’on nous taxe     
    de rêveurs ! C’est « le rêve » de Martin Luther King qui pourra se concrétiser 
    aux USA avec peut être l’élection d’un noir à la Maison Blanche
 
2° Notre action doit rester unitaire ; ce qui signifie que rien ne doit être épargné    
    pour colmater les lézardes qui peuvent se dessiner en raison d’une mauvaise
    compréhension. Un proverbe bien de chez nous, renseigne que pour étêter quel
    q’un on lui place deux têtes. Prenons garde les divisions peuvent être amlimen
    tée de l’extérieur, par tous ceux qui ne nous « veulent que du bien », mais tout
    doit être entrepris pour unifier nos rangs. Ce seront les plus conscients parmi
     nous qui auront à faire le maximum de sacrifices.

3° Notre mouvement ne doit  aucunement interférer dans les projets de  sociétés
     nationaux qui restent un domaine de souveraineté de l’Etat. Notre revendica
     tion doit porter seulement sur l’encrage et l’extension de Tamazight comme
     langue et culture officielles; cela à travers tous les pays de l’Afrique du Nord,
    des pays subsahariens et des îles canaries, cela a été déjà formulé, il est bon de  
    le rappeler.  

4° Nous devons ouvrir des antennes de notre congrès dans chacun des pays sus
    cités afin de se constituer  en interlocuteur – en sus des  Associations activants
   en la matière – pour les questions relevant de l’Amazighité.

5° Nous avons à nous montrer plus dynamiques à l’endroit des associations inter
    nationales pour recueillir  plus de fonds, porter davantage notre message,
    surmonter les entraves que l’on nous dresse pour nous ralentir. Dans ce sens,
    nous devons envisager :
 
a-) la confection de manuels de formation pour nos jeunes,

b-) l’organisation de colonies de vacances à vocation culturelle amazigh,

c-) l’invitation à la tenue d’un sommet de chefs d’Etats de l’Afrique du Nord et
     des autres contrées pour étudier les modalités d’encouragement à la culture
     amazighe,

d-) et pourquoi pas le lancement d’une chaîne de télévision privée qui aura à
     couvrir tout le territoire d’expression amazighe.

Mes amis, se contenter de dénoncer l’emprise perverse de destruction de l’amazighité n’est plus suffisant, il est impératif pour pouvoir avancer de faire des propositions concrètes, d’effectuer des recherches indispensables, en somme d’être plus efficients. Notre option n’est pas de vaincre, mais de convaincre, c’est
la seule garantie d’un parcours soutenu et surtout consensuel

Notre cause, en plus des crimes d’Etat de 1980 et 1981 a eu d’autres martyrs lors du printemps noir en 2001 qui en a dénombré 127 morts et des dizaines de blessés et d’handicapés à vie. Pas un seul n’était armé fusse d’un canif. Aucun ne les a qualifié de terroristes. Pendant une année de grève du cartable «1994/95 », pas un seul carreau n’a été cassé. Résultat, pas un seul écrivain, homme de science ou de culture ne rejette l’amazighité. La vérité finira par triompher. Nous en avons la conviction

Maintenant je voudrais dire que lors du 4ieme congrès qui s’est déroulé à Nador (Maroc), il a été recommandé de tenir le 5ième congrès mondial amazigh en Kabylie (Algérie). Cette recommandation a été entérinée par diverses réunions, notamment celle de 2008 à Mekhnès. Dans ce cadre, nous nous retrouvons aujourd’hui en ce lieu si beau et si pauvre économiquement par le fait du prince et de son diadoque. 

Ce 5ième congrès qui n’a pas reçu d’autorisation expresse ou d’interdiction n’est pas un nouveau courant, Il est une réponse aux obscurantistes algériens qui nichent dans les sphères du pouvoir. Ces attardés ont voulu nous bâillonner, comme en 1980/81, 2001, nous avons tenu à les défier, nous sommes là. Le courage a payé.

Madjid AIT MOHAMED