Des milliers de personnes ont marché et scandé des slogans hostiles au pouvoir, entre 12 et 12H 30, sur le boulevard Houari Boumedienne, au centre-ville de Tizi Ouzou. Les manifestants ont suivi le même itinéraire où le président candidat Abdelaziz Bouteflika s'était offert un bain de foule le 27 mars, a constaté un journaliste de tsa-algerie.com.

Malgré l'absence d'autorisations, le FFS a tenu jeudi 2 avril un meeting et organisé une marche population à Tizi Ouzou, dans le cadre de sa campagne pour le boycottage de la présidentielle du 9 avril.

La marche a été improvisée après un meeting non autorisé du FFS qui s'est tenu sur la voie publique après le refus de l'administration de mettre une salle à la disposition de ce parti.

La manifestation, qui a réuni 5.000 personnes selon le FFS et 1.500 manifestants selon la police, s'est déroulée, entre 12H et 12H30, sans aucun incident. La police, fortement présente sur les lieux, a toléré la première marche du FFS et de l'opposition à Tizi Ouzou depuis des années.

Devant une foule nombreuse, Karim Tabou a sévèrement critiqué le bilan des deux mandats du président Bouteflika et dénoncé le « parti pris flagrant » de l'administration en sa faveur. «Boycotter l'élection du 9 avril est un acte révolutionnaire », a lancé M. Tabou qui a critiqué la visite de Bouteflika en Kabylie et sa fausse réconciliation avec la population locale. «Si le président s'est réellement réconcilié avec son peuple, pourquoi a-t-on mobilisé 15.000 policiers pour sa visite à Tizi Ouzou ? ».

M. Tabou a également dénoncé « le chantage social dont est victime la région ». Devant ses partisans et sympathisants, Karim Tabou a reproché aux cinq autres candidats à la présidentielle du 9 avril « de courir derrière l'argent et les dividendes matérielles à tirer de cette mascarade électorale».

Il a enfin dénoncé l'interpellation, ces derniers jours, de plusieurs militants du FFS en campagne contre le vote, à travers le pays. « Cessez vos provocations sinon nous serons encore plus nombreux à se rendre dans vos commissariats », a-t-il dit.

M. Tabou a terminé son meeting en réitérant son appel au boycottage de la présidentielle du 9 avril. La foule a ensuite marché en direction du siège de la wilaya en empruntant le boulevard Houari Boumediene. La marche tolérée par la police présente en force a réuni des milliers de personnes qui ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et aux élections présidentielles, avant de se terminer dans le calme.