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La politique de l’administration Obama va changer aussi au Maghreb
- Par Rédaction Bladi DZ
- Publié 7/05/2009
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- Pas noté
La politique de l’administration Obama va changer aussi au Maghreb
L’Europe méditerranéenne – France et Espagne
principalement – fait travailler ses « think tanks » sur le rôle des
acteurs extérieurs sur la rive sud de la mer intérieure. Il en a
résulté que l’un des tous premiers exposés sur la démarche de
l’administration Obama au Maghreb a eu lieu a Paris le 17 avril dernier
à l’occasion d’un colloque sur le thème Etats-Unis-Maghreb : enjeux et
perspectives, organisé par l’IFRI (institut français des relations
internationales) et la Casa Arabe de Madrid. Deux responsables dans la
nouvelle administration américaine, Alan Pino en charge du Proche
Orient et de l’Afrique du Nord au NIC (National Intelligence Council)
et Stéphanie Williams, nouvelle directrice du bureau des affaires nord
africaines au département d’Etat, y ont développé un point de vue
actualisé des relations entre les Etats-Unis et le Maghreb. La
perception classique du Maghreb n’a pas changé à la surface : « c’est
une région politiquement stable de notre point de vue. Mais seulement
dans le cours terme » a précisé Alan Pino. Il a évoqué « six raisons
d’être inquiet pour cette région au-delà des deux ou trois ans ». Alan
Pino place les incertitudes sur les scénarios de succession « en
particulier en Tunisie et en Algérie », en tête des motifs d’inquiétude
pour Washington. Il a cité ensuite les variations sur le marché du
pétrole et du gaz (Algérie, Libye), le niveau de chômage des jeunes
très important même chez les diplômés universitaires (Maroc, Algérie) ;
l’impact de la récession mondiale sur les économies les plus ouvertes
du Maghreb (Tunisie, Maroc), la persistance de régimes autoritaires qui
ne laissent pas de marges d’expression et d’organisation suffisante aux
populations, et enfin la présence de groupes islamistes armés actifs
qui peuvent débordé à tout moment au-delà du Maghreb. Alan Pino s’est
fait le porte parole d’une vision quelque peu pessimiste sur les
perspectives à long terme de réformes politiques au Maghreb, « elles
sont plutôt bloquées actuellement » a-t-il épilogué pour le déplorer.
La démocratie jetée avec l’eau du bain ?
Le
point de vue, un peu plus officiel de Stephanie Williams, a montré aux
spécialistes présents combien le chemin demeurait long pour que
Washington affine une politique spécifique à la région. Les
déclarations de principes « nous voulons travailler avec l’UMA » ou «
renforcer la stabilité et la paix » l’ont disputé aux affirmations les
plus convenues : « le Maroc est un allié important des Etats-Unis en
dehors de l’Otan » ou « l’Algérie est un important fournisseur de gaz
naturel pour nous ». Mme Afrique du Nord à Washington a toutefois
insisté sur le fait que « le Sahara occidental est une préoccupation
majeure pour Mme Clinton », la nouvelle secrétaire d’Etat US, ainsi que
sur la volonté américaine de soutenir les programmes en faveur des
femmes et des jeunes ainsi que tous les efforts d’intégration
économique de la région. Les spécialistes présents auront donc bien
compris que la mise à la casse du messianisme du Grand Moyen Orient
(GMO) de l’administration Bush, menace de « jeter le bébé de la
démocratie avec l’eau du bain » comme l’a bien relevé le diplomate
français Pierre Thenard. Les idées de stabilité, de bonne gouvernance
et de déficit de démocratie « marquent le retour à une diplomatie plus
conventionnelle » selon un autre intervenant, même si le colloque a
bien prix notes des « critiques amicales » faites par Washington à
Alger, pour les anomalies dans les dernières élections présidentielles.
Irak et Palestine en test de vérité
L’administration
Bush voulait forcer les régimes arabes à se démocratiser après
l’invasion de l’Irak. La victoire du Hamas en Palestine en 2006 et la «
poussée électorale » des Frères musulmans en Egypte ont remis le projet
dans les cartons. A Paris, le colloque de relation internationale
Etats-Unis – Maghreb a pu observer que « la pression pour une ouverture
des régimes politiques au Maghreb » est un vrai casse tête pour le
département d’Etat. C’est sans doute parce que la religion de
Washington sur la question n’est sans doute pas encore faite que le duo
Pino-Williams a beaucoup écouté quelques acteurs de la région (énergie,
commerce, sécurité droits de l’homme). Ainsi, l’idée a été évoquée que
le départ des troupes américaines d’Irak, que devrait accélérer Barack
Obama, pourrait bien avoir une incidence directe sur le déclin –
entraperçu en 2008 – de Al Qaida au Maghreb. Et comme le Moyen Orient
et l’Afrique du Nord demeurent très fortement lié géopolitiquement, la
position de Washington sur la question palestinienne a été présentée
dans de nombreuses interventions comme déterminante pour l’influence
des Etats-Unis au Maghreb. Les responsables et chercheurs américains
ont pu également noter que l’Union pour la Méditerranée devrait, si
elle se construisait, consolider l’avance historique de l’Europe dans
ses flux d’affaires avec le Maghreb, l’UPM dont Stephanie Williams
s’est contentée de « prendre acte ».
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