MARCHÉ INFORMEL : “200 milliards de dinars de fraude fiscale annuelle”
- Par Journal Liberté
- Publié 6/06/2009
- Economie
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MARCHÉ INFORMEL : “200 milliards de dinars de fraude fiscale annuelle”
“90% de la fraude fiscale dans notre pays vient du marché informel. Il ne s’agit pas, comme le prétendent les pouvoirs publics, de 70 milliards de dinars, mais de 200 milliards de dinars, soit à peu près le budget de 5 à 600 communes moyennes.” C’est ce qu’a affirmé, hier, M. Bounour Hadj Tahar, porte-parole officiel de l’UGCAA, en marge des travaux de l’union qui a regroupé à Oran les représentants des wilayas d’Oran, de Saïda, de Tiaret, de Sidi Bel-Abbès et d’Aïn Témouchent.
En fait, cette sortie sur le terrain de la direction centrale avait un double objectif : préparer les assises du prochain conseil national avant la fin du mois de juin et débattre de la dernière loi concernant la préservation du droit du consommateur.
L’enjeu est de taille comme on le voit puisque ces assises fixeront la date du prochain congrès.
Le regroupement d’hier s’inscrit donc dans cette perspective, comme ceux qui ont eu lieu mercredi à Relizane et à Aïn Defla.
Et c’est donc à partir de ce congrès que les choses sérieuses commenceront dans la mesure où l’UGCAA devra mettre en conformité son statut avec la loi 90/14 — ce qui n’est pas le cas actuellement — élire une nouvelle direction crédible, capable de sortir certains bureaux des crises qu’ils connaissent et enfin tracer un programme de travail clair et ambitieux pour les quatre ou cinq années à venir où il faudra faire face aux exigences de l’OMC, s’attaquer aux racines du marché informel et revoir les charges trop élevées qui pèsent sur les commerçants.
Ils sont en nombre de 1 220 000, selon M. Bounour, qui estime que “95% des produits frelatés, périmés et contrefaits du marché proviennent de l’informel, un secteur où même l’argent sale est blanchi.”
Pour lutter contre ce mal qui ronge l’économie nationale, le porte-parole de l’UGCAA préconise deux solutions.
La première à court terme, consiste à revoir à la baisse des charges imposées aux commerçants légaux c’est-à-dire qui ont pignon sur rue et la seconde à long terme serait l’installation d’une commission nationale qui assainirait le marché en mettant fin au commerce informel à charge pour elle de trouver les moyens “le remède n’est pas technique”, nous dit-il, “il est politique et nous dépasse pour l’instant”.
Du reste si l’État n’extirpe pas ce fléau, la nouvelle loi sur les droits des consommateurs serait vidée de sens et ne servirait à rien. “De plus, nous n’avons pas été associés à son élaboration”.
D’autres points de l’ordre du jour on été débattus au cours de cette rencontre comme la campagne de sensibilisation à partir de la semaine prochaine, sur les risques d’intoxication en période de grandes chaleurs, opération à laquelle l’UGCAA souscrit totalement.
Mustapha Mohammedi
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2 Réponses à "MARCHÉ INFORMEL : “200 milliards de dinars de fraude fiscale annuelle”" 
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a écrit le 06 Jun 2009 3:47:32 PM CET
Le secteur de l'informel ne s'arrête pas au commerce de marchandises (absence de registre de commerce, de facturation, de déclaration fiscale, ou refus du payement par chèque, etc.), mais il s'étend à toutes les activités commerciales, à commencer par celle qui concerne l'immobilier (sous déclaration, dessous de table) avec, par ailleurs, la complicité de trop nombreux notaires et agences immobilières. Leurs commissions sont indexées sur la valeur réelle de la cession ou de la location, en toute connaissance de la valeur déclarée; comme les agences immobilières sont imposées au forfait, l'acheteur est obligé de payer un dessous de table à son corps défendant, et aucune mesure n'est prise pour protéger ses droits en cas de problème. Au demeurant il n'y a plus de droit dans l'informel. De sorte que par malveillance ou par intérêt suscité par la cupidité, n'importe quel algérien (ordinaire) peut se retrouver devant le procureur sous n'importe quelle accusation sans preuve. Et c'est bien évidemment à l'accusé qu'il obvient de prouver son innocence... Mais plus largement encore, l'informel régit quasiment tous les services de l'état, depuis l'administration courante jusqu'à l'administration judiciaire. Chaque segment de "pouvoir" fait et défait "à la guise de ses humeurs instables" sa gestion et ses normes et ses règles de fonctionnement, à commencer par les horaires d'ouverture ou les jours de réception des pseudo citoyens que les algériens sont à leurs yeux. Ceci sans oublier de passer par ces barrages dont on ne sait plus s'ils sont l'oeuvre de représentants d'un état respectable et respectueux de lui-même. On n'en aura pas fini en s'arrêtant à n'importe quel guichet dont on ne sait jamais s'il fournit le service indiqué par la plaque censée l'indiquer. S'il vous prend de savoir lire, vous passez pour un imbécile d'un guichet à l'autre; il faut toujours demander si vous êtes au bon endroit, et ainsi vous laisser tourner en bourrique par des établissement qui s'organisent pour eux-même, leur propre confort bureaucratique dépourvu d'imagination et d'intelligence citoyennes. Last not the least, l'algérien ordinaire peut toujours courir pour obtenir un crédit d'investissement suivant la procédure "formelle", ou un emploi, ou un logement, ou un lopin constructible, ou un permis de construire, ou un certificat de résidence, ou bien ne serait-ce qu'une autorisation de... Respirer. On lui trouvera toujours quelque "truc" manquant "au dossier". L'algérien ordinaire peut toujours essayer de calculer de lui-même ses redevances d'électricité ou de gaz ou d'eau, ou de TVA ou d'impôts; il lui échappera toujours "un truc" que seul connaît celui qui établit la facture. Ainsi donc, Dans ce pays dont on refuse aux algériens qu'il soit le leur, L'Informel procède d'une (IN)Culture de la citoyenneté et du Service Public. C'est quasiment tout l'état algérien qui est informel. En somme nous "sumourons" dans un état informe !
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a écrit le 07 Jun 2009 2:39:40 AM CET
Merci pour cette bonne analyse :)
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