Les excuses de la France pour ses crimes commis, en Algérie, pendant l’ère coloniale, sont devenues aléatoires. Elles ne sont, d’ailleurs, que des ballons d’air qui émergent chaque 1er novembre, à chaque fête de l’indépendance ou à chaque anniversaire des événements du 8 mai. Cependant, Paris semble déterminée à ne pas faire des excuses, mais par contre, elle veut compenser cela par « construire des relations fraternelles avec un regard vers le futur ».
Les relations historiques algéro-françaises s sont coincées, depuis plus de deux ans, autour de la polémique de « s’excuser où non ». Alors que les algériens insistent sur le devoir de la France de reconnaître ses crimes, commis en Algérie et de présenter des excuses, au peuple, pour l’avoir torturé, clochardisé et tué. Les français, eux, à travers le système de Nicolas Sarkozy, font des efforts pour dépasser « le complexe du passé », en prêchant la nécessité de bâtir des relations politiques et économiques, basées sur l’intérêt communs des deux pays. En outre, il semble que les dirigeants français sont convaincus que les demandes de reconnaître et de présenter des excuses, reflètent une mentalité « périmée » typiquement tiers-mondiste, qui s’accroche au passé, et n’a guère de regard sur le futur. Et, c’est à partir de là que Sarkozy a dit sa fameuse phrase : « les fils ne peuvent pas s’excuser des actes de leurs pères, » en jouant sur une note qui lui apparaît « logique ».
Le futur, selon Sarkozy
Lors de la visite d’Etat qu’il a effectuée, en Algérie, en décembre 2007, Sarkozy a promis un futur en or, aux algériens. Il a annoncé des investissements de 5 milliards d’euros et d’autres avantages, notamment, en revoyant le nombre des visas à la hausse. Sarkozy, qui a mis en place sa feuille de route pour sa nouvelle stratégie avec l’Algérie, se limitant à reconnaître, seulement, les crimes du 8 mai, sans même présenter des excuses. Paris a tranché sur ce sujet. Un haut responsable français a tenu à souligner que son pays « a mis un trait rouge sur les demandes des algériens à propos des excuses ». Il a ajouté que « la France va tout perdre des 130 ans qu’elle avait passés, en Algérie, si elle présente des excuses ». Et voila que la position française se durcit de plus en plus, surtout après l’adoption par le gouvernement algérien des nouvelles mesures relatives à l’économie et qui ont touché énormément des entreprises françaises. Ses mesures montrent que l’Algérie est convaincue que la position de Paris, à propos de la revendication des excuses, ne pourra pas évoluer positivement. Par contre, les organisations révolutionnaires continuent sur leurs lancés, en insistant sur cette demande. Cette insistance est plus forte que les efforts de certains milieux français de faire renaître des anciens dossiers, telle que l’affaire de « Tibhirine », et ce, pour fuir en avant et détourner la polémique vers un autre terrain, celui du climat économique, et parfois soulever d’autres dossiers relatifs à la crise sécuritaire qu’a connu l’Algérie.