Lancé en 2004, le projet de réalisation d’un million de logements à l’horizon 2009 semble sérieusement compromis. Déjà au lancement de l’idée en 2004, les professionnels du secteur avaient estimé qu’un tel exploit serait impossible pour des raisons objectives.

Alors que l’Algérie célèbre aujourd’hui la Journée mondiale du logement sous les slogans le logement, un droit humanitaire » et «une ville sécurisée est une ville juste» l’heure est au bilan. Et ce dernier est loin d’être reluisant. Rompant avec la langue de bois des responsables qui soutenaient mordicus que le programme serait mené à bien, le nouveau locataire du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme a adopté un ton plus réaliste. Nourredine Moussa n’a en effet pas caché que «seuls 393 341 logements ont été réalisés au 30 juin 2007», soit un taux d’avancement ne dépassant pas les 40% du programme, et ce, à deux ans à peine de l’échéance du programme initié par le président Abdelaziz Bouteflika. Son prédécesseur, Mohamed Nadir H’mimid qui affichait un optimisme démesuré et avait même répondu à une question posée par un journaliste que «le programme d’un million de logements avait atteint, au début de l’année en cours, un taux d’exécution de 65% et que les engagements pris allaient être respectés». Il avait même annoncé un programme additif qui permettrait de livrer plus de 1,2 million d’unités en 2009. Avançant la chose et son contraire, les différents responsables du secteurs, ont de tout temps usé et abusé des chiffres. Régulièrement, des bilans sont exhibés, des chiffres sont avancés sans que personne puisse vérifier sur le terrain la véracité de leurs dires. Confondant sciemment logement «livré» et logement «réalisé», les différents intervenants n’ignorent cependant pas qu’un logement non viabilisé, dépourvu de raccordement aux réseaux de VRD, ou souvent du minimum de conditions vitales comme le gaz et l’électricité, n’est logiquement pas livrable et ne peut donc pas servir à gonfler les statistiques. Et pourtant pour venir à bout d’un programme aussi «ambitieux », tous les moyens sont bons. Le programme est réparti comme suit : 240 000 logements, toutes catégories confondues, déjà programmés en 2001, auxquels s’ajoutent les 55 000 logements de la formule location-vente gérée par l’AADL, ainsi que la réalisation et la cession directe de 80 000 logements par la Cnep. Viennent en complément, 215 000 logements sociaux participatifs (LSP), 120 000 logements sociaux et 275 000 ruraux, à réaliser par les OPGI et les communes. Les banques et autres institutions financières interviennent, pour leur part, dans la réalisation de 15 000 logements promotionnels. Beaucoup d’entreprises de réalisation ont cependant jeté l’éponge, ne pouvant mener à bien la tâche qui leur avait été confiée.