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Algérie: Blanchiment d’argent - Un dossier transmis à la justice cette année
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Par La Nouvelle République
Publié le 15/11/2007
 

Depuis le 11 novembre et durant quatre jours, une équipe de spécialistes américains dispense à ses homologues algériens les nouvelles méthodes et techniques dans la lutte contre le blanchiment d’argent et la contrebande d’espèces.


Algérie: Blanchiment d’argent - Un dossier transmis à la justice cette année

Depuis le 11 novembre et durant quatre jours, une équipe de spécialistes américains dispense à ses homologues algériens les nouvelles méthodes et techniques dans la lutte contre le blanchiment d’argent et la contrebande d’espèces.

Ce cycle de formation concerne dix responsables de la Gendarmerie nationale, dix des services de la Douane, deux membres de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) ainsi qu’une quinzaine de responsables de la police judiciaire et de la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN)
Pour Abdelmadjid Amghar, président du CTRF, qui intervenait sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l’invité de la rédaction, « l’expérience américaine est bonne à prendre », il faut l’adapter, ajoute-t-il, aux conditions algériennes. Il rappelle que c’est aux Etats-Unis qu’est né le concept de blanchiment, à l’époque de la prohibition, quand Al Capone blanchissait son argent sale en le faisant « passer » dans les machines à laver de ses blanchisseries.

Le président du CTRF précise qu’aux Etats-Unis, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne concerne pas uniquement les gens du FBI, d’autres structures y participent aussi.

Aujourd’hui, toutes les nations sont impliquées dans cette problématique, dit-il. Il souligne que le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sont considérés par une convention internationale comme un crime transnational qui exige la coopération internationale. Dans la lutte contre ce crime, l’échange d’informations est primordial entre les différents CTRF à travers le monde, fait-il remarquer. A ce sujet, il rappelle les différentes étapes de la coopération algéro-américaine depuis le protocole de février 2007 avec la visite en Algérie d’experts américains dans ce domaine ; échange d’expériences entre les experts des deux pays pour définir les contours de la coopération en la matière ; formation à Washington, de banquiers et membres du CTRF, notamment sur la mise en œuvre des recommandations du GATFI.

Sur le cas de l’Algérie, M. Amghar fait savoir qu’en 2006 deux dossiers ont été transmis à la justice et en 2007, sur 85 déclarations de soupçons transmises à la CTRF, un dossier a été transmis à la justice après sept mois de traitement et d’analyse. Il fait remarquer que le traitement prend du temps.

Il rappelle que la CTRF est devenue opérationnelle à partir de 2004 et avait commencé d’abord par s’organiser puis par une activité de sensibilisation des « entités déclarantes » pour les informer, leur faire prendre conscience et, pour certains, les former. La CTRF est passée de 12 déclarations de soupçons à 85 et M. Amghar révèle qu’une de ces déclarations a été transmise à la CTRF par un commissaire aux comptes. La CTRF prévoit, annonce son président, des regroupements avec les assureurs, les notaires (pour la typologie de l’immobilier) et les avocats.

A propos de l’argent qui circule dans le secteur informel, il n’est pas forcément sale mais peut receler de l’argent sale, dit-il. Il faudra, ajoute-t-il, inciter opérateurs et particuliers à passer par les banques et à utiliser les moyens monétiques. La CTRF compte y contribuer en proposant, entre autres textes réglementaires, un décret limitant le paiement cash. Il estime à 2% du PIB, le montant de l’argent qui circule en dehors du circuit licite.