En 1975, l’un des trois fondateurs d’Intel, Gordon Moore, a postulé que le nombre de transistors dans les microprocesseurs doublerait tous les deux ans. Si l’on estime aujourd’hui que cette fameuse « loi de Moore » atteindra ses limites dans les années à venir, elle se sera révélée d’une exactitude étonnante depuis plus de trente ans.
En 1975, l’un des trois fondateurs d’Intel, Gordon Moore, a postulé que le nombre de transistors dans les microprocesseurs doublerait tous les deux ans. Si l’on estime aujourd’hui que cette fameuse « loi de Moore » atteindra ses limites dans les années à venir, elle se sera révélée d’une exactitude étonnante depuis plus de trente ans.
Un cabinet d’analyse, le Nemertes Research Group, tire la sonnette d’alarme après avoir appliqué cette même loi empirique au domaine du rythme de croissance de la capacité d’Internet. La grande toile se modernise en effet à un rythme effréné et le Web 2.0 propulse sur le devant de la scène des services agréables faisant largement appel au multimédia, notamment la diffusion vidéo.
Entreprises : investissez !
Et l’avertissement du Nemertes Research Group est le suivant : si les entreprises impliquées dans le développement d’Internet n’augmentent pas de manière conséquente leurs investissements dans le secteur, Internet lui-même pourrait atteindre un stade critique dès 2010. Le réseau des réseaux pourrait donc se retrouver engorgé à tel point que les utilisateurs auraient l’impression de nager dans du ciment frais.
Le contenu vidéo est ici pointé du doigt. Non seulement les services associés se multiplient à grande vitesse, mais ceux déjà en place préparent leur propre révolution. YouTube par exemple va profiter de son succès et de l’augmentation constante du débit pour proposer des vidéos de meilleure qualité et des tailles de fichiers supérieures. Dans les deux sens, le résultat sera le même : une transmission de données plus importante.
L’installation de la fibre optique chez les particuliers ne représente en soi pas une solution, puisque le problème est de toute façon situé en amont. C’est vers les serveurs que le Nemertes Research Group se tourne, en prévenant que l’investissement devrait atteindre la somme assez colossale de 137 milliards de dollars d’ici 2010. L’Amérique du Nord (les États-Unis et le Canada) devrait à elle seule investir de 42 à 55 milliards de dollars dans une période de trois à cinq ans pour la rénovation de ses backbones (dorsales Internet).
Un danger que personne ne voit ou une prédiction alarmiste ?
Le rapport du cabinet d’analyse pointe donc largement du doigt l’Amérique du nord dont l’infrastructure vieillissante causera problème à plus ou moins long terme. Le Nemertes Research Group indique d’ailleurs que l’ensemble des soucis sera causé par l’incapacité de répondre à la demande pour les structures prenant place entre les usagers et les dorsales. Une situation sur laquelle l’Internet Innovation Alliance (IIA) alerte depuis maintenant des années.
L’association regroupe divers acteurs du secteur tels qu’AT&T et Level 3 Communications. Son rôle est de prévenir le vieillissement de l’infrastructure aux États-Unis, un problème qui est déjà préoccupant selon les états. L’IIA tente donc de faire entendre le message et de motiver les entreprises impliquées à l’augmentation de leurs investissements. Il n’y a donc aucune surprise dans le fait que l’association reçoive avec plaisir le rapport de Nemertes.
Ce dernier prévoit que les utilisateurs créeront environ 180 milliards de gigaoctets de nouvelles données. Pour le Nemertes Research Group, la menace de l’explosion des données n’a pas été vraiment perçue, et les mesures nécessaires n’ont pas encore été prises. Il faudra que les gouvernements s’investissent dans le projet, car les entreprises qui s’occupent des dorsales ne pourront pas empêcher à elles seules la débâcle.
Des prédictions bien sombres qui sonnent comme une condamnation.