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L’union méditerranéenne : condition de l’Algérie
- Par La Nouvelle République
- Publié 5/12/2007
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Cinq accords et quatre contrats commerciaux ont été signés, au palais de la Culture. Ces derniers portent sur l’énergie, la culture et les transports. La cérémonie s’est déroulée en présence des présidents.
Signé par le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, du côté algérien, et par Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durable, côté français, le premier accord porte sur une convention de partenariat et les documents portant protocole administratif et financier. Le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a signé avec M. Borloo une déclaration de coopération portant sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Dans ce même domaine, un accord de coopération sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques a été signé par Fayçal Abbas, secrétaire général du ministère de l’Energie et des Mines, et l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet.
Concernant les contrats commerciaux, le président-directeur général de la Sonatrach, Mohamed Meziane, et son homologue de Gaz de France, Jean-François Cerelli, ont paraphé un protocole d’accord portant extension du contrat gazier à long terme entre les deux compagnies. De leur côté, M. Meziane avec le directeur général de Total, Christophe de Margerie, ont signé un contrat de réalisation d’un vapocraqueur d’éthane à Arzew (Ouest). La réalisation d’une centrale thermique à cycle combiné à Terga (Aïn Témouchent, Ouest) a fait l’objet d’un contrat émargé par les présidents-directeurs généraux de Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, et d’Alstom, Patrick Kron. Dans le domaine culturel, un accord-cadre sur la coproduction et la coopération cinématographique a été signé par la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, et son homologue française, Christine Albanel.
Un protocole d’accord portant sur la cession d’une partie des fonds documentaires de ce dernier à la Télévision algérienne, relative à l’histoire de l’Algérie de 1940 à 1962, du temps de la colonisation française, a également été signé par le directeur général de la Télévision algérienne, Hamraoui Habib-Chawki, et Emmanuel Hoog, président-directeur général de l’Institut national français de l’audiovisuel.
Enfin, un contrat d’exploitation et de maintenance de la première ligne du futur métro d’Alger a été signé par le directeur général de l’Entreprise du métro d’Alger (EMA), Abdelkader Mekerbi, et Pierre Mongin, président de la RATP-Développement.
Bouteflika concernant le projet d’union méditerranéenne : «Contribuer à sa réalisation»
Durant un déjeuner offert par le président de la République en l’honneur de son homologue français, M. Nicolas Sarkozy, en présence de membres du gouvernement et de hauts responsables de l’Etat, Bouteflika a indiqué que l’Algérie est disposée à contribuer à la réalisation du projet d’union méditerranéenne dans la mesure où seront précisés ses contours et ses objectifs. «En Algérie, nous sommes disposés à contribuer à sa réalisation dans la mesure où nous aurons précisé ses contours et ses objectifs ainsi que la place qu’il prendra au côté des organismes qui sont déjà en place et qui rassemblent les pays des deux rives de la Méditerranée», dit-t-il en s’adressant à son homologue français. Continuant sur sa lancée, le président Bouteflika a souligné que «le Nord et le Sud partagent les mêmes aspirations vers la sécurité, la stabilité et la prospérité», ces aspirations «peuvent être satisfaisantes dans un climat de solidarité fondé sur notre unité, dans notre diversité. On ne peut ignorer les obstacles qu’il faudra franchir et les crises qu’il sera nécessaire de dépasser. La plus importante de ces crises est évidemment celle du Moyen-Orient où il devient plus urgent que jamais de mettre fin à l’occupation israélienne des territoires arabes et de permettre au peuple palestinien de disposer en toute souveraineté d’un Etat viable et aux frontières reconnues», a-t-il renchéri. Concernant la visite de son homologue français, Nicolas Sarkozy, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a déclaré qu’il était «convaincu que cette visite nous permettra d’aborder avec franchise et courage les problèmes qui se posent dans nos rapports et que nous trouverons le moyen d’y porter remède dans un esprit d’ouverture et de volonté réciproque de compréhension et d’amitié».
Evoquant la communauté algérienne en France qui représente un «témoin vivant des liens passés et de la vitalité des échanges», le président Bouteflika a indiqué qu’elle est «légitimement concernée par les relations entre les deux pays».
Dans le même contexte, il a souligné que cette communauté, vivant «parfois l’exclusion, souffre peut-être davantage de l’incompréhension, des préjugés culturels et de la ghettoïsation religieuse». A cet égard, il a précisé que la réponse aux appels des nouvelles générations en quête de repères et d’une aide pour «reconstruire une personnalité en harmonie avec leur vécu ainsi qu’avec leur histoire, relève de la responsabilité commune entre les deux pays». Abordant la question des relations algéro-française, le chef de l’Etat a souligné l’intérêt qu’il accorde à leur développement. Il a, toutefois, indiqué que ces relations se fondent sur «une histoire commune qui a profondément marqué les deux pays», leur donnant «un caractère exceptionnel, car elles reposent sur un tissu humain qui les consolide en même temps qu’il les rend plus complexes».
Pour sa part, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il aller faire des relations entre l’Algérie et la France une priorité de son action, et ce, afin de dégager «l’injustice profonde du système colonial». «Depuis le jour de mon élection, j’ai souhaité faire du renouveau de la relation entre nos deux pays une priorité de mon action», a-t-il soutenu.
Continuant son discours, le conférencier dira : «Nous sommes prêts à regarder en face cette partie de notre histoire et à la considérer sans tabou, y compris dans ce qu’elle a de plus sombre.»
Par ailleurs, le président Sarkozy a affirmé que la France «peut et doit aider l’Algérie à entrer dans le club des pays émergents», tout en précisant que cela est dans l’intérêt commun des deux Etats car «leurs destins sont liés».
A propos des échanges entre les deux peuples, il a indiqué que la communauté algérienne en France est de loin la plus importante communauté étrangère présente sur «notre sol et elle joue un rôle particulièrement dynamique dans les échanges».
Il a affirmé qu’il attache une très grande importance à la circulation des personnes, soulignant la nécessité de poursuivre et d’approfondir de part et d’autre les progrès faits sur ce sujet.
Il a exprimé sa volonté de tout mettre en œuvre pour améliorer la circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée.